Appel de la coordination nationale des universités aux syndicats et aux enseignants du premier et du second degré

13 02 2009

La coordination nationale des universités en lutte réunie à l’Université Paris 8 le mercredi 11 février considère que les mêmes raisons font se dresser les collègues du premier, du second degré et de l’enseignement supérieur et de la recherche contre les projets et les pratiques du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et du Ministère de l’Education Nationale.

Tous ensemble nous avons commencé à lutter et nous devrons lutter avec encore plus de détermination contre la précarisation de masse qui sera favorisée par les nouveaux concours de recrutement, contre les possibles dérives autoritaires de l’administration des établissements et des rectorats recruteurs, contre le sous-financement chronique de l’enseignement et de la recherche, contre la remise en question d’une formation disciplinaire et professionnelle de qualité, contre les suppressions de postes à tous les niveaux et dans tous les corps de l’éducation nationale.

Il est de plus en plus clair qu’un projet cohérent est en train d’être mis en place de la maternelle à l’université qui promeut dans les programmes un type de transmission des savoirs réductrice, qui organise une défonctionnarisation de masse de l’éducation nationale, qui soumet à de  simples impératifs budgétaires les décisions pédagogiques et  scientifiques, qui recrée à tous les niveaux de petites ou grandes féodalités fondées sur  la concentration du pouvoir dans les mains de quelques-uns, qui considère  que l’on peut transposer tels quels les modes d’administration du secteur  privé dans le secteur public. On fait ainsi bon marché à la fois des ravages que ces principes causent chez les salariés du privé et du fait que le secteur public ne peut et ne doit pas répondre aux mêmes critères que le privé, dans la mesure où l’enseignement et la recherche ne sauraient être  considérés comme des marchandises.

Tout le monde est d’accord pour proclamer que l’éducation, l’enseignement  supérieur et la recherche sont des priorités nationales. Mais le gouvernement le dit sans rien faire pour traduire en actes ces priorités. Il en va pourtant de la responsabilité et de la solidarité entre générations. Pour rappeler le gouvernement à ses devoirs, faisons monter tous ensemble une voix des écoles, des collèges, des lycées, des laboratoires et des  universités, une voix qu’il devra entendre.

Les réformes actuellement en cours dans l’université participent aussi d’une attaque globale contre les services publics. Dans le contexte actuel de crise économique et alors que la politique du gouvernement consiste  essentiellement à mettre les moyens de l’État à disposition des intérêts privés, cette politique est particulièrement insupportable et appelle une réponse globale.

Elle entraîne notamment  ­ la destruction de nos statuts : le décret réformant le statut des  enseignants chercheurs n’est que la dernière en date des réformes qui attaquent les statuts de toutes les catégories de personnels de la fonction publique : individualisation des rémunérations et des carrières pour les personnels administratifs et techniques, bientôt rémunération au mérite des professeurs des écoles… La mastérisation des concours de recrutement des enseignants du secondaire et du primaire participe de la même logique  d’accroissement des inégalités et de fragilisation des personnels.­ des suppressions de postes et des restrictions budgétaires : 1090 suppressions de postes cette année dans le secteur enseignement supérieur/recherche, 13 500 dans le secondaire, 30 000 annoncées pour l’ensemble de la fonction publique. C’est un plan social de grande ampleur que le gouvernement met en œuvre, alors même que l’augmentation dramatique du chômage sur le dernier trimestre et la crise économique rendent l’accomplissement de nos missions tout à la fois plus difficile et plus indispensable que jamais et exigeraient au contraire un plan ambitieux de création de postes. Le nombre de fonctionnaires ne peut devenir une variable d’adaptation du budget de  l’état.

- L’extension de la précarité et de l’externalisation des fonctions : dans  l’enseignement supérieur, ce sont 1/3 des personnels enseignants ou BIATOS  qui sont en statuts précaires. L’externalisation forcée d’une part croissante de nos tâches et la disparition annoncée des catégories C conduisent à une situation qui allie le gâchis des deniers publics ainsi distribués au privé, l’aggravation des conditions de travail et la dégradation des services publics.

La communauté universitaire tout entière, enseignants-chercheurs, personnels  administratifs et techniques, étudiants est entrée en lutte contre cette  politique. Nous invitons nos collègues de l’enseignement primaire et  secondaire, de la fonction publique et au delà tous les citoyens à débattre de l’opportunité et des moyens à mettre en ¦uvre pour mener ensemble ce combat indispensable à la survie d’un service public digne de ce nom.

Appelons ensemble à des actions communes partout sur le mot d’ordre « De la  maternelle à l’université : non aux contre-réformes Darcos/Pecresse » et réunissons-nous dans une grande manifestation ou dans un grand rassemblement par exemple le samedi 7 mars à Paris ou à une autre date entre la fin février et le début mars à convenir avec les syndicats et les collègues du premier et du second degré.


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