Soutien à Bastien Cazals dans l’Hérault

3 12 2008

COMMUNIQUÉ DE L’INTERSYNDICALE DES ÉCOLES

SNUipp/FSU, SUD Education, SNE/CSEN, SNUDI-FO, CNT Education

Notre collègue Bastien Cazals, directeur de l’école maternelle Louise Michel à St Jean de Védas, est convoqué mercredi 3 décembre à 8H30 par l’Inspecteur d’Académie de l’Hérault.
Cette convocation fait suite à la lettre qu’il a adressée la semaine dernière au Président de la République dans laquelle il exprime ses sentiments et sa position par rapport aux réformes mises en œuvre dans l’Education Nationale par M. Darcos.

L’Intersyndicale apporte son entier soutien à Bastien Cazals et s’opposera à toute forme de sanction qui pourrait être prise par l’autorité académique. Notre collègue, par son initiative, incarne la résistance qui s’organise collectivement dans tout le département mais également dans tout le pays depuis la grève du 20 novembre, contre les réformes et mesures rétrogrades mises en place par M. le Ministre de l’Education nationale : RASED, maternelle, EPEP, nouveaux programmes, suppressions massives de postes…

Les fonctionnaires sont des citoyens qui ont droit à ce titre à la liberté d’expression, surtout quand elle est mise au service de la défense de notre patrimoine commun, l’école publique, laïque, mise à mal par M. Darcos.

L’Intersyndicale appelle tous les personnels à exprimer leur solidarité et leur soutien à Bastien Cazals en se rassemblant devant l’Inspection Académique mercredi 3 décembre à 8H30. Elle demande d’ores et déjà à l’Inspecteur d’Académie d’être reçue en même temps que Bastien Cazals.

Montpellier le 1er décembre 2008

La lettre de Bastien Cazals au Président de la République est consultable sur le blog
http://uneecolepourvictorethugo.hautetfort.com

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Dépêche AFP, 2-12-2008:

Soutien syndical à un directeur d’école de l’Hérault “entré en résistance”

Cinq syndicats appellent à une manifestation de soutien, mercredi à Montpellier, à un directeur d’école convoqué devant l’Inspection académique de l’Hérault après avoir annoncé, dans une lettre à Nicolas Sarkozy, son “entrée en résistance” face aux réformes engagées dans l’Education nationale.

Le SNUipp/FSU, SUD Education, le SNE/CSEN, le SNUDI-FO, la CNT Education, ont indiqué mardi à l’AFP qu’ils s’opposeraient à toute forme de sanction qui pourrait être prise à l’encontre de leur collègue, directeur d’une école maternelle dans la banlieue de Montpellier.

Celui-ci, “par son initiative, incarne la résistance qui s’organise collectivement dans tout le département mais également dans tout le pays depuis la grève du 20 novembre” contre les réformes du ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos, affirment les syndicats.

“Croyez-vous sincèrement, Monsieur le Président, que votre ministre pourra, par de telles réformes, atteindre l’objectif qu’il s’est fixé de diminuer par trois le nombre d’élèves en difficulté?”, interroge le directeur d’école dans son courrier, qui annonce notamment son intention de ne pas appliquer les nouveaux programmes et de ne pas effectuer l’aide personnalisée.

“Il y a en ce moment un mouvement de désobéissance civile qui se met en place dans les écoles”, a expliqué à l’AFP le secrétaire académique SNUIPP/FSU, Patrick Toledano.

Récemment, un professeur des écoles de Haute-Garonne a appelé sur internet à la “désobéissance pédagogique” pour protester contre les programmes scolaires préconisés à la rentrée 2008.

A Marseille, des écoles ont rédigé des lettres de désobéissance collectives qui devraient être remises vendredi à l’Inspection académique, selon un communiqué du Réseau informel de réflexion sur l’Education (RIRE) transmis à l’AFP.


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4 réponses

12 12 2008
lucien

Ce vendredi 12 décembre 2008, à l’occasion de sa troisième visite de la semaine, l’Inspectrice de l’Education Nationale de la circonscription de Gignac a apporté une seconde lettre de l’Inspecteur d’Académie alourdissant la sanction infligée mardi dernier à Bastien CAZALS, directeur de l’école maternelle Louise Michel de Saint-Jean-de-Védas (34) : l’aide personnalisée n’ayant pas été effectuée dans la stricte application des règles les mardi 9, jeudi 11 et vendredi 12 décembre, il sera procédé au retrait de 3/30ème du son traitement du mois de décembre.
Ce qui porte à 8 jours de retrait de salaire pour le seul mois de décembre !

13 12 2008
revue de presse

Midi libre du vendredi 12 décembre 2008

L’inspecteur au secours de Bastien Cazals

Il a immédiatement volé au secours de Bastien Cazals. Martial Rouah, ancien inspecteur pédagogique régional, aujourd’hui inspecteur d’académie honoraire installé à Teyran, s’estime « stupéfait » par la sanction de cinq jours de retrait de salaire infligée à Bastien Cazals.
Rappelons que l’enseignant, également directeur de l’école Louise-Michel à Saint-Jean- de-Védas, avait, le 25 novembre, envoyé une “lettre de désobéissance” à Nicolas Sarkozy, dans laquelle il annonçait, entre autres, qu’il n’appliquerait pas les nouveaux programmes et n’effectuerait pas l’aide personnalisée qui est, selon lui, destinée à remplacer l’aide spécialisée des Rased. C’est en raison de son refus d’effectuer l’aide personnalisée sous la forme demandée que l’instituteur a été “puni” par
l’inspecteur d’académie de l’Hérault.
Mais pour Martial Rouah, « cette sanction relève de l’abus de pouvoir et doit faire l’objet d’un recours auprès du tribunal administratif ». L’inspecteur retraité, qui s’est proposé d’aider Bastien Cazals à constituer son dossier, prend clairement position et frappe fort. « Nos valeurs les plus précieuses de la République sont bafouées par l’administration en place sur réquisition du pouvoir politique. Le fonctionnaire d’autorité du département a commis un incontestable déni de justice et un abus de pouvoir caractérisé. Cette sanction est illégale et inéquitable. Allez savoir pourquoi les autres lettres envoyées n’ont pas été sanctionnées… »

S. C.
http://www.midilibre.com/articles/2008/12/12/20081212-MONTPELLIER-L-39-inspecteur-au-secours-de-Bastien-Cazals.php5

13 12 2008
ensemblelutte

Notre soutien à Bastien Cazals est inconditionnel. Pour autant, nous ne partageons pas les positions de ceux qui, tels que le blog “résistance pédagogique”, théorisent la résistance individuelle : un décrochage des plus “motivés” ne cherchant plus à entraîner la masse des collègues, renonçant ouvertement à la grève pour substituer à la lutte de classe une guérilla de harcèlement de minorités activistes sur le terrain médiatique.

Pour nous, la seule réponse efficace à la réaction gouvernementale, c’est l’action collective. Et c’est la solidarité collective qui pourra fournir une défense efficace de Bastien Cazals, non une posture héroïco-romantique prônant “une action qui assume les risques de la sanction”.

Lorsque des collègues mènent des actions individuelles spontanées, en prenant de grands risques personnels, cela révèle la montée de l’exaspération non seulement face aux attaques du gouvernement, mais aussi face à l’inaction syndicale.

Raison de plus pour s’engager dans un soutien collectif aux résistants, pour reconstruire une riposte organisée et victorieuse.

20 12 2008
lucien

Dépêches de l’Education
du Samedi 20 décembre 2008

Hérault: l’inspection académique rétablit les sanctions contre un enseignant récalcitrant

L’inspection académique de l’Hérault a annoncé samedi qu’elle rétablissait les sanctions engagées à l’encontre d’un directeur d’école maternelle, estimant qu’il était “revenu sur ses engagements” d’appliquer les réformes engagées dans l’Education nationale.

Bastien Cazals, directeur d’une école maternelle de Saint-Jean-de-Védas, “n’a pas tenu ses engagements, nous revenons donc sur la décision de passer l’éponge sur les sanctions”, a déclaré à l’AFP l’inspecteur d’académie de l’Hérault Paul-Jacques Guiot.

Vendredi, l’inspection avait annoncé la levée des sanctions contre M. Cazals après son engagement à reprendre la totalité de son service. Ces sanctions consistaient en un retrait de huit jours sur son salaire de décembre pour manquement à ses obligations de service et l’ouverture d’une procédure disciplinaire à son encontre.

Selon M. Guiot, M. Cazals “s’était engagé à reprendre la totalité de son service, mais dès qu’il a su que nous abandonnions les sanctions il s’est mis à communiquer très fortement en disant qu’il ne ferait pas les deux heures d’aide personnalisée” hebdomadaires prévues en primaire pour les écoliers les plus en difficulté depuis la rentrée après la suppression du samedi matin.

Après l’annonce vendredi de la levée des sanctions, M. Cazals avait indiqué sur le blog “Une école pour Victor et Hugo” que “compte tenu de ce geste d’apaisement décidé par l’administration” il était prêt à fournir dès janvier une aide personnalisée aux élèves dont les parents le souhaitaient.

M. Cazals ajoutait s’inscrire ainsi “dans la dynamique collective engagée par les 384 désobéisseurs”, des enseignants qui ont déposé mercredi des “lettres de résistance” à l’inspection académique.

Aucune réaction n’était disponible samedi en fin de matinée sur ce blog à l’annonce du rétablissement des sanctions.

M. Cazals a refusé de mettre en place l’aide personnalisée arguant qu’elle était destinée à remplacer les Réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased) touchés par la suppression de 3.000 postes l’an prochain.

Convoqué à l’Inspection académique, il avait reçu le soutien d’une intersyndicale SNUipp-FSU, Sud, FO, SNE et CNT, ainsi que de nombreux professeurs, parents d’élèves, élus et élèves.

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