Les sections départementales du SNUipp sont très critiques vis-à-vis du ‘moins d’école’ de Darcos. Par leurs analyses, souvent très pertinentes, elles tentent d’éclairer les collègues sur les dangers d’une transformation de l’école qui va bien au-delà d’une simple modification des rythmes scolaires.
L’analyse du SNUipp-FSU 64
C’est dans un contexte de réduction massive de postes dans le service public d’éducation et d’attaques graves sur l’école et ses missions que le ministère a pris l’initiative d’annoncer la suppression du samedi matin. Le SNUipp-FSU 64 considère qu’au travers de ce dossier, le ministère poursuit sa stratégie d’affaiblissement de l’École Publique (budget, carte scolaire, service minimum, EPEP, base-élèves, 23 propositions X. Darcos… ). Les propositions ministérielles vont à l’encontre de nos revendications. Si le SNUipp-FSU a toujours réclamé la déconnection des heures de travail des enseignants de celui des élèves, il ne peut accepter une diminution des heures d’enseignement pour les enfants : moins d’école, moins de contenus d’apprentissage et de culture. Si le SNUipp-FSU s’est toujours attaché à la réduction des difficultés et des inégalités scolaires, il ne peut accepter de voir s’amenuiser voire disparaître les dispositifs d’aides existants (RASED), de voir se développer des stages de remise à niveau pendant les vacances pour les élèves en difficulté. Plutôt que d’allonger la journée de classe ou faire revenir les enfants en difficulté le mercredi matin, c’est pendant le temps collectif de classe, à travers des dispositifs concertés (RASED, enseignants) que l’aide doit être apportée.
Même s’il peut donner l’illusion dans la profession d’un allègement de la charge de travail, il n’en sera rien. Repérage, PPRE, évaluations, relations avec les parents… Le rôle du RASED est vaguement évoqué. Rien sur le rural. Stigmatisation des élèves en difficulté avec alourdissement de leur journée de travail. Nos revendications sur les moyens seront désormais contrés par le Ministre qui aura beau jeu de dire que les enseignants ont du temps pour lutter contre l’échec scolaire. La prise en charge de la difficulté scolaire ne peut se faire en dehors de l’horaire scolaire et surtout de manière frontale entre l’élève et l’enseignant qui se voient toute la journée. Le risque est grand d’assister partout à des études dirigées masquées. Notre temps de concertation ne progresse que très peu, ne parlons pas de notre abaissement horaire. Risque d’une école à 2 vitesses. Désorganisation des écoles.
Pendant les jours à venir, le SNUipp-FSU 64 alimentera le débat par envoi de mails, lors des réunions syndicales…
L’analyse du SNUipp-FSU 06 (analyse partagée par le SNUipp 39, le SNUipp 15)
1) Casser l’outil en réduisant les moyens
La lecture des propositions ministérielles ne peuvent être regardées (si l’on veut bien être honnête intellectuellement !) sans tenir compte du contexte de réduction massive de postes dans le service public d’éducation et d’attaques graves sur l’école et ses missions Le SNUipp-FSU 06 considère qu’au travers de ce dossier, le ministère poursuit sa stratégie de destruction de l’École Publique (budget, carte scolaire, service minimum, EPEP, base-élèves, 23 propositions X. Darcos… ) et que c’est bien la nature même de l’Ecole Publique qui est menacée.
2) Moins d’école, moins de contenus d’apprentissage et de culture pour les enfants
Ces propositions ministérielles vont être accompagnées d’une nouvelle révision des programmes. Moins d’école pour tous, moins de contenus d’apprentissage et de culture partagée peuvent-ils convenir à une Ecole Publique ambitieuse et émancipatrice ?
Si le SNUipp-FSU a toujours réclamé la déconnection des heures de travail des enseignants de celui des élèves, il ne peut accepter que le temps d’école ne soit pas le même pour tous les élèves !
3) Cours de rattrapages contre RASED, « gavage » pour résoudre les difficultés et les inégalités scolaires
Parce que le SNUipp-FSU s’est toujours attaché à la réduction des difficultés et des inégalités scolaires, il est conscient, en particulier en lien avec les apports des chercheurs, que ce n’est pas l’allongement d’une journée d’école (déjà longue pour les plus en difficulté !), la réduction du temps de vacances par des stages de remise à niveau, le risque fort de stigmatisation et de sentiment d’échec qui en découle, l’amenuisement (voire la disparition) des dispositifs d’aides existants (RASED),… qui pourront résoudre l’échec scolaire. Le risque est grand d’assister partout à des études dirigées masquées. C’est pendant le temps collectif de classe, à travers des dispositifs concertés (RASED, enseignants), des pratiques améliorées par une formation continue, « plus de maîtres que de classe », que l’aide doit être apportée
4) le miroir aux alouettes
Même s’il peut donner l’illusion d’un allègement de la charge de travail, il n’en sera rien.Avalanches de PPRE, d’évaluations, de repérages et signalements divers… relations avec les parents… Pourtant notre temps de concertation ne progresse que très peu dans les propositions ministérielles. Avec le soutien à mettre en place en équipe — d’autant que « les enseignants d’écoles maternelles peuvent être amenés à intervenir auprès d’élèves du cycle des apprentissages fondamentaux à l’école élémentaire » (puisque en maternelle, c’est bien connu, il n’y a pas d’élèves en difficulté) — c’est au contraire une augmentation du temps de travail en équipe qui se profile !
De plus, « dans le cas où ces actions ne mobiliserait pas tout ce temps pour un enseignant ou tous les maîtres de l’école, les heures disponibles seront consacrées à renforcer le temps de formation hors de la présence des élèves » ! Traduction : heures d’animation péda ou formation continue sur ce temps là pour les écoles où le nombre d’élèves en difficulté est moindre et où les équipes pédagogiques sont en nombre d’enseignants important… ailleurs, en ZEP ou dans le rural, plus particulièrement : quid de la formation !!!! Bref, les enseignants, comme les élèves, ne seront pas soumis à équité du temps de travail, du temps de formation !!! Ou comment désorganiser les écoles, créer encore plus d’inégalités territoriales, sociales…
5) la belle entourloupe !
Bientôt on pourra sans doute lire dans la presse que les enseignants réclament encore des moyens alors qu’on leur a donné du temps pour lutter contre l’échec scolaire !Ah mais au fait, ces deux heures en plus pour les enfants en difficulté, c’est bien les deux heures qu’ils avaient déjà le samedi et qu’on leur a supprimé ?! Et oui, au mieux c’est un maintien de l’existant !!!Si ce n’est que dorénavant, il se fera sans les copains, ceux qui sont « bons », ceux qui iront en vacances ou qui pourront profiter des activités culturelles après le temps de classe…
Quelle drôle de vision de la pédagogie différenciée !… mais quel bel exemple d’une école qui stigmatise l’échec… et en fait une sanction individuelle ! Nous aborderons ces questions lors des réunions syndicales de rentrée.
L’analyse du SNUipp-FSU 94
Le SNUipp 94 a construit un commentaire en regard du texte intégral du protocole et organise dans de très nombreuses villes une AG locale de débat et consultation
Motion du SNUipp-FSU 21
MOTION du Conseil Syndical du SNUipp 21 réuni le 04 février 2008
Le SNUipp21 rappelle sa position sur la suppression des cours le samedi matin.
Le SNUipp 21 constate aujourd’hui, alors même que la Côte d’Or sera un des départements les plus touchés par le retrait de postes à la carte scolaire, qu’il n’y avait rien à obtenir à la marge d’une réforme qui n’est aucunement source de progrès.
Conformément à ses mandats de congrès de juin 2007, le SNUipp ne pouvait et ne devait pas participer aux discussions sur la diminution des heures devant les élèves qui n’a jamais fait partie de nos revendications communes.
Cette « invitation » à la table ministérielle n’était qu’une duperie pour mieux justifier une prétendue concertation avec les organisations syndicales puisque globalement les dispositions finales correspondent aux propositions initiales avec une légère variation sur les modalités (60 h de soutien au lieu de 78)
La transformation du calendrier scolaire avec la suppression du samedi matin ne ferait qu’alourdir le rythme scolaire des élèves les plus en difficulté, les stigmatiserait (effet d’affichage), et n’apporterait en l’état aucun remède à leurs difficultés.
Les solutions préconisées par le ministère créent des problèmes plus qu’elles n’apportent de réponses à ces questions essentielles
Le SNUipp 21 se prononce contre toute signature de ce protocole, opposé à nos mandats.
Le SNUipp 21 propose à l’ensemble des collègues d’entrer en résistance contre toute organisation scolaire qui conduirait à l’éclatement du service public, à la concurrence entre écoles, à des conditions de travail alourdies pour les enseignants du premier degré sans moyens réels pour dépasser l’échec scolaire. Une réponse collective s’impose
Le SNUipp 21 propose aux collègues du département de venir débattre des modalités d’action lors de nos demi-journées d’information syndicale les 15 et 29 mars 2008.



[...] à signer le relevé de conclusions comme ses amis du SGEN et du SE, mais contre l’avis de ses sections: il n’a pas, n’a plus d’avis, il… attend les résultats de son [...]